2018 = 1987 (?)

Quel changement de décor en quelques semaines ! "La Bourse de Paris au plus haut depuis dix ans" titrait les Echos le 29 janvier 2018. Désormais, les investisseurs s'interrogent sur la poursuite de la tendance haussière entamée en 2009.

La raison du désamour semble bien établie. Les investisseurs craignent que la guerre commerciale déclenchée D. Trump mette un terme à la dynamique de croissance économique. Si les tensions commerciales s'amplifiaient, leur impact serait double. Dans un premier temps, elles auraient un effet inflationniste, les exportateurs cherchant à répercuter dans leur prix de vente la hausse des taxes. Ensuite, cette hausse de prix découragerait la demande. Il pourrait en résulter une stagflation, un fort ralentissement économique voire une récession.

Lorsque le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt

Mais ce n'est pas notre scénario principal. Bien que la rhétorique et la méthode de Trump puissent faire craindre le pire, les intrications du commerce international sont telles que personne n'a intérêt à un embrasement. Un quart des biens américains sont importés et un tiers des profits des sociétés américaines proviennent de l'étranger. Aussi, je considère sa démarche comme une préparation aux élections de mi-mandat début novembre. Trump sait que ses électeurs, qui n'ont pas  constaté d'amélioration de leur situation personnelle, n'ont pas oublié ses promesses de campagne.

Sa stratégie pourrait même connaitre quelques succès. Accepter un commerce plus équitable est une solution satisfaisante pour la Chine, dont la recherche de stabilité est un mantra. Jusqu’à présent, elle utilise abusivement son statut de "pays en voie de développement" pour imposer des transferts de technologie aux sociétés souhaitant se développer sur son marché. Elle aurait beaucoup à perdre. Il est donc probable de voir la Chine donner une victoire de façade à Trump dans les prochains mois. De plus, il est pour moi comme un évidence, qui ne peut être que partagée par les belligérants que le chemin de la réduction du déficit sino-américain, s'il est réellement emprunté, passera par une ouverture du marché chinois aux productions américaines, plutôt que par une fermeture des frontières américaines aux produits chinois. Enfin, quoiqu'on pense de Trump, il ne s'agit pas d'un idéologue ou d'un dogmatique. Les tensions actuelles devraient trouver une résolution prochainement.

Faut-il se porter acheteur d'actifs risqués dans l'anticipation d'un dégonflement des tensions ? Je ne le crois pas. La guerre commerciale est l'écume qui cache la vague.

Les marchés financiers n'ont plus de moteurs pour les porter vers l'avant à court et moyen termes :

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